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BMW M3 cabriolet et Mercedes SLK 32 AMG

 

BMW M3 cabriolet contre Mercedes SLK 32 AMG : Emballement immédiat !

On n’a rien fait de mieux qu’un bon séchoir à cheveux pour se coiffer... et rien de mieux qu’un très puissant cabriolet pour se décoiffer. Un genre bien maîtrisé par Mercedes et BMW avec leurs versions “haute mouture”.

BMW M3 cabriolet :
419 500 F (63 952 euros). 343 ch. 25 CV. 12,2 l/100 km

Mercedes SLK 32 AMG :
394 886 F (60 200 euros). 354 ch. 26 CV. 13,9 l/100 km


Doucement, petit ! Le match entre le Mercedes SLK AMG et le cabriolet BMW M3 n’a pas encore commencé que nous essuyons déjà un rappel à l’ordre. L’avertissement, sous forme d’allumage de diodes orange, est adressé par le tableau de bord du M3 à son conducteur. Comme dans le coupé, ces diodes lumineuses, échelonnées de 4 500 à 7 500 tr/mn en fonction du réchauffement du moteur, tiennent lieu de zone rouge tant qu’il n’est pas à la bonne température. A l’inverse de la vengeance, le bloc de la M3 est un plat qui se déguste bien chaud.
Développant 343 ch et plus de 37 mkg de couple, ce "six en ligne" de 3.2 litres et 24 soupapes brille autant par sa puissance que par sa souplesse toute féline. Dès 1 000 tr/mn, il reprend sans sourciller, se permettant juste un grognement très grave. Ensuite, et toujours très progressivement, il grimpe vers les sommets du compte-tours... 7 000 graduations plus loin.
Et là, c’est une symphonie mécanique : les grognements se font rugissements, et le son devient si métallique qu’il rappelle celui d’un moteur de Formule 1, au hasard le V10 d’une Williams-BMW. Prodigieux, quoique pas très discret pour aller chercher le pain !

Des chronos affolants
Les performances ? Sur les trois premiers rapports, il faut franchement serrer son chewing-gum pour ne pas l’avaler. Accouplé à une très bonne boîte de vitesses manuelle à six rapports, ce bloc affole le chronomètre: moins de 25 secondes pour abattre le kilomètre départ arrêté et 3,6 secondes pour passer de 80 à 120 km/h en troisième. Peu de "supercars" qui alignent un zéro de plus sur leur tarif peuvent rivaliser.
En option (21 500 F), la M3 peut même bénéficier d’une boîte de vitesses séquentielle baptisée SMG2.
Véritable boîte mécanique robotisée, cette transmission permet de conduire soit en mode tout automatique, soit en mode manuel grâce à un levier au plancher ou à deux palettes logées derrière le volant. Sans doute le meilleur moyen de tirer pleinement parti du fantastique châssis concocté par les ingénieurs BMW...
La caisse bien rigide malgré les quatre places et le “décapsulage”, les suspensions suffisamment fermes pour passer la puissance au sol, des freins ultra puissants qui ne manquent que d’un peu d’endurance et une direction très précise font de ce cabriolet quasi familial une vraie voiture de sport. Et si l’on vient à dépasser les capacités de l’auto – ou les siennes –, un ESP plein de discernement veille. Evidemment, BMW a dû juger bon de le rendre déconnectable...
Le petit SLK Mercedes profite du même ange gardien électronique. Tant mieux, car lui aussi dispose de roues arrière motrices et d’une belle cavalerie. Sous son capot, un V6 3.2 litres 18 soupapes, mais compressé cette fois. Bref, 354 ch et 45,9 mkg vifs dès les plus bas régimes pour à peine plus de 1 400 kg. Juste ce qu’il faut pour transformer ce petit roadster deux places en piège à permis dès que l’on chatouille la pédale de droite : les chronos sont presque aussi bons que ceux de la M3.

Les bonnes manières du SLK
Pourtant, grâce à sa très douce boîte de vitesses automatique à commande "impulsionnelle", à ses suspensions confortables et à sa très bonne insonorisation, le SLK ne transforme pas chaque sortie en "tour de qualif". A l’inverse de la brutale M3, il n’ignore pas les bonnes manières.
On peut certes lui reprocher quelques mouvements de caisse parasites en freinage appuyé, une direction moins précise que celle de la M3 et un moteur qui ne chante pas aussi bien que le ténor bavarois, mais quand s’agit de rouler vite sans maltraiter vertèbres et tympans, il demeure sans rival. Surtout que s’il faut recapoter (en une vingtaine de secondes comme la M3), un beau toit rigide s’extrait du coffre pour métamorphoser ce roadster en coupé sportif. Une astuce qui vaut bien deux places quand le ciel se déchaîne. De là à excuser certaines lacunes d’équipement...

Vendu presque 395 000 F, le SLK laisse le réglage du volant et les sièges électriques en options (1 180 F et 6 264 F) quand la M3 s’en dote de série : un comble. Mais au moment de choisir entre ces deux bombes, ces détails sont sans importance. La philosophie du conducteur fera la décision : sportif dans l’âme, amateur de fabuleuses mécaniques, il optera pour la BMW. Plus rationnel, peu enclin à sacrifier un disque intervertébral par dixième de seconde d’accélération, il prendra le SLK. Dans les deux cas, il fera le bon choix.