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BMW Série 7

La souris et la limousine

La nouvelle BMW Série 7 adopte le "i-Drive", une "souris" d’ordinateur qui commande toutes les fonctions secondaires. Elle y ajoute des prestations routières exceptionnelles...

Cinq bonnes minutes : c’est le temps qu’il nous a fallu, à deux, pour trouver la commande de... remise à zéro du totaliseur partiel ! Après avoir fait défiler les multiples menus du super ordinateur de bord et tripoté tous les commodos, nous avons finalement découvert le fameux bouton, tout bêtement en lieu et place habituels, à côté du compteur de vitesse. Il faut dire qu’avec le klaxon et le... volant, c’est l’une des rares commandes classiques à bord de la nouvelle Série 7. Pour le reste, il faut s’en remettre à l’électronique et perdre bon nombre de ses réflexes d’automobiliste du XXe siècle...

A bord, la position de conduite, excellente, est ajustable électriquement avec plusieurs positions mémorisables. En option, les sièges chauffants sont ventilés et automassants comme à bord d’une Mercedes Classe S, sa concurrente directe. La clé de contact, qui peut mémoriser de multiples réglages individuels (position de conduite, dureté de suspension...), ne sert pas à démarrer. Le moteur est lancé à l’aide d’un bouton poussoir comme sur le roadster Z8 ou la 2 CV. Plus étrange, l’imposante console centrale n’est occupée que par une seule et unique commande, une grosse molette en aluminium brossé, cœur du système "i-Drive". Elle peut s’apparenter à une souris d’ordinateur qui commande toutes les fonctions n’ayant pas directement trait à la conduite (voir encadré).

Nulle trace de levier de vitesses et encore moins de frein à main. La boîte automatique à six rapports (une première) est commandée à l’aide d’un petit levier situé derrière le volant et propose également un mode séquentiel accessible au volant. Quant au frein à main, il est électrique. A l’arrêt, boîte en position "Drive", il s’enclenche automatiquement, évitant que la voiture avance seule. Si le conducteur descend, la boîte repasse automatiquement en position parking. On pourrait passer des heures à bord, à l’arrêt, à jouer avec les multiples équipements ou encore profiter d’une hi-fi d’une exceptionnelle qualité.
Malgré un gabarit pour le moins imposant (5,03 m de long pour 1,90 m de large), et un poids qui ne l’est pas moins (1 945 kg, près de 100 kg de plus que l’ancienne version), la 7 fait preuve d’une agilité et d’une maniabilité au moins aussi étonnantes que la Classe S.
Il n’y a guère qu’au freinage, efficace et endurant, que l’on prend conscience de cette masse. Le confort de ses suspensions et la qualité de son insonorisation, avec une mécanique quasi inaudible, associés à la douceur de sa boîte automatique gomment toute sensation. Au point d’occulter des performances pourtant hors du commun avec un 0 à 100 km/h annoncé en 6”3 (7”3 pour la Classe S) et une vitesse maxi bridée électroniquement à 250 km/h.
En plus de sa distribution variable, ce moteur adopte le système Valvetronic qui permet une levée des soupapes d’admission variable en continu, en durée et en amplitude. La puissance de ce nouveau V8 32 soupapes 4.4 litres grimpe de 286 à... 333 ch pour un couple de 45,9 mkg (plus 1 mkg), au régime inchangé de 3 600 tr/mn. Aussi vif qu’un petit quatre-cylindres 16 soupapes, ce bloc démuni de la moindre inertie ne demande, entre deux rapports, qu’à aller lécher la zone rouge.

Une vitrine technologique
Très policée en conduite "chauffeur de maître", la 7 peut se montrer franchement incisive. Le système de contrôle actif du roulis "dynamic drive", disponible en option (17 711 F), équivalent du châssis "ABC" de Mercedes, combat très efficacement le roulis en virage, mettant en exergue l’excellente rigidité du châssis et une grande neutralité de comportement.
Une rigueur qui peut encore être optimisée par l’EDC (8 199 F), une suspension pilotée qui, en mode sport, durcit l’amortissement et réduit l’assistance de direction pour renforcer la précision de conduite. Cela au détriment du confort qui devient alors franchement ferme, en particulier avec les jantes optionnelles de 19 pouces, nettement moins confortables que les 18, elles-mêmes sans doute moins adaptées que les 17 pouces de série. On peut aussi s’interroger sur la possibilité de déconnecter l’antidérapage ESP. Car, aussi équilibrée soit-elle, cette lourde limousine réclamera alors de sérieuses aptitudes de "pilotage" pour contrôler une éventuelle dérive de son train arrière moteur... Un exercice qui de toute façon ne sied guère à son rang.

Destinée avant tout aux marchés américains et asiatiques, cette vitrine technologique ne devrait être diffusée en France qu’à 200 exemplaires cette année. En attendant, d’ici un an, deux versions diesels, 730d et 740d.