La Finlande, l'autre pays du Rallye.

Marcus Gronhölm vient de remporter le titre de champion du monde de Rallye. Au volant de sa 206 WRC, il a aussi permis à Peugeot de s'adjuger celui des constructeurs. D'ailleurs, par le passé, le constructeur automobile français a souvent fait confiance à des pilotes finlandais. Sans jamais le regretter. >Laurent Lepsch- 28/11/00

Peugeot a le sourire. Car même si la firme sochalienne ne prendra pas le départ de la prochaine saison de Formule1, ce nouveau doublé au champion du monde de rallye pour la saison 2000 (pilote et constructeur), montre que le constructeur français fait partie des meilleurs dans cette discipline.

Timo Salonen, champion du monde avec Peugeot en 1985.

Et si évidemment la qualité des voitures explique en grande partie les succès répétés de Peugeot en Rallye, ce n'est pas la seule explication. La firme française a en effet, et depuis le début, fait appel à des pilotes finlandais. La facilité qu'ils ont à s'adapter aux différents revêtements, couplée à un sang-froid hors du commun, en font des pilotes d'exception. Car force est de reconnaître, que Peugeot s'est rarement trompé en les engageant. Retour sur ce filon finnois.

Détour par l'Afrique.

Même avant la création du championnat du monde de Rallye en 1973, Peugeot avait déjà fait courir sous ses couleurs un pilote finlandais. Son nom, Eino Elo. Pilote amateur en cette année 1952, il remporta au volant d'une 203 noire, le Rallye des 1000 lacs. Trois ans plus tard, c'est à bord d'une 403 qu'il récidivera. Mais par manque d'investissement digne de ce nom, la marque au lion devra patienter quelques années avant de faire à nouveau parler d'elle. Car au milieu des années 70, Peugeot opta pour d'autres terrains de conquête. Ce fut la stratégie "africaine".

La 205 T 16 en action.

Désireux d'asseoir sa réputation de constructeur de voitures robustes et fiables, il s'aligne dans des courses sur le continent africain. Que ce soit au Maroc, au Kenya ou même en côte d'ivoire, c'est encore à deux Finlandais qu'est donnée la responsabilité de faire grandir la notoriété de Peugeot. Les deux bonhommes, Mäkinen et Mikkola, surnommés "Flying Finns", écumèrent le continent, engrangeant de l'expérience mais aussi de très bons résultats. Mais, malgré le titre de Talbot en 1981, avec un certain Jean Todt comme copilote, il fallait viser plus haut. Et c'est sous l'impulsion du même Todt, qu'un programme sportif d'envergure fut donc monté. Ce fut le point de départ de la saga 205 Turbo 16.

Un de perdu, un autre de retrouvé.

Au début de l'année 1984, tout était enfin prêt pour s'illustrer. Restait plus qu'à trouver, un pilote capable d'amener cette "bombe" au titre suprême. Et une fois encore, c'est un Finlandais qui fut l'heureux élu. Son nom vous dira certainement quelque chose. Vatanen, Ari de son prénom. Champion du monde en 1981, ce Finlandais pure souche allait faire des étincelles. Dès sa première saison, Vatanen remporta trois victoires en cinq participations. La deuxième année, il gagnera encore à deux reprises, avant de frôler la mort dans un accident en Argentine.

Le célèbre Ari Vatanen.

Pour remplacer Vatanen, Peugeot fit alors appel à un de ses compatriotes, Timo Salonen. Le jeune homme ne se fit pas prier pour aligner cinq victoires consécutives, et assura par la même, le doublé mondial "pilote-constructeur". L'année suivante, en 1986, même chose. L'identité du lauréat avait changé, mais pas la nationalité. Juha Kankkunen devint lui aussi champion du monde, après avoir gagné par trois fois. La notoriété de Peugeot était alors au zénith, et tout le monde connaissait la 205 T 16. Mais la réglementation ayant changé à la fin de cette année 86, Peugeot prit la décision de s'orienter vers les rallyes-raids et autres sport-prototypes. Et toujours avec succès.

La huitième merveille de Finlande est arrivée.

Car même sur les routes désertiques, le Finlandais s'adapte. Et plutôt bien. Le Paris-Dakar a en effet été la propriété exclusive de la marque, entre 1987 et 1990 (3 victoires pour Vatanen et une pour Kankkunen). Alors que sur circuit, c'est l'ancien champion du monde de Formule 1 Keke Rosberg, qui avait la tâche de piloter la 905. Après presque 15 ans d'absence, Peugeot est donc revenu faire la loi en rallye. L'échec retentissant en Formule1, "oblige" d'ailleurs presque le constructeur français à régner dans cette discipline, si il veut continuer à être respecté et à faire parler de lui dans le monde entier.

Marcus Gronhölm perpétue la tradition finlandaise.

Au fait, la toute nouvelle recrue* de Peugeot pour la saison prochaine, s'appelle Harri Rovanperä. Devinez quelle est sa nationalité !

*Le Français Didier Auriol pilotera aussi pour Peugeot la saison prochaine.