| Un grand hommage à ce sacré bon homme. | |
| Il
n'est pas de ces héros nationaux légendaires dont on raconte
la vie mouvementée, les hauts faits glorieux et la mort lointaine
aux enfants des écoles. Ayrton Senna fut un héros vivant. Et comme tous les grands personnages de l'histoire du monde, il a forgé sa légende en s'impliquant totalement dans ce qu'il croyait être vrai, dans l'assouvissement d'une passion à laquelle il avait accepté de sacrifier jusqu'à sa vie. En exploitant, au point de le surpasser, un talent exceptionnel. En recherchant jusqu'à atteindre le seuil de la perfection qui fait des génies des êtres presque surnaturels. en exprimant une personnalité sensible et exigeante, aux dimensions humaines, sans détours ni faux-semblants, qui savait aussi bien assumer et contrôler ses exploits que reconnaître ses erreurs. Est-ce parce qu'il a réalisé mille prouesses très loin de son pays qu'il aimait tant, que le Brésil a admiré Senna au point de s'identifier à lui autant qu'à son football subtil et flamboyant? Le héros victorieux est alors devenu le symbole vivant de la réussite humaine, sportive et nationale; un mythe substitut de divinité, dont l'éclat rejaillissait bien au-delà des limites de son pays et de son sport pour devenir universel et indestructible. Même si, soudain, une force invisible et implacable fit de ce premier jour de mai 1994 le dernier d'Ayrton Senna, rappelant ainsi sévèrement que les héros étaient aussi mortels, ce qui les rend plus grands encore. Ce jour-là, la formule 1 est devenue orpheline, et d'Imola au Brésil, personne ne comprit pourquoi le ciel était aussi bleu et le soleil aussi éclatant... |
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